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vendredi 4 mai 2012

Haïku

Haïku :  Petit poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses.


Apprenant son nom 
De nouveau je regarde
La fleur sauvage 

À l'ombre des fleurs 

Même un parfait inconnu
Soudain ne l'est plus 

Elles fleurissent dès lors 
On les regarde dès lors 
Dès lors que les fleurs périssent

Ne te détourne pas 
Moi aussi je suis seule 
Crépuscule d'automne 

Rend moi mes rêves 
Corbeau que réveille 
La lune de brume 

Réveille-toi, réveille-toi
Et sois mon compagnon
Papillon qui dort


Masaoka Shiki l'émeut. Ces haikus lui font spécialement penser à toi. Arrivés par hasard, elle les a ciblé rapidement et par instinct. Un par un, ici, là et là. Rassemblés, ils sont maintenant siens. Ils sont toi. Le romantisme dans les veines. Des délires de romantisme et elle, elle et ces délires. Au plus profond de sa sensibilité, l'incompréhension. Perturbation, accablement, tristesse, elle possède ces qualificatifs et est d'une lourdeur sans fin dès que ses petits yeux voient ce matériel, cette preuve de ton existence pure salie par la ville attendre patiemment. Il est là et il l'a lorgne. Il fait front à sa maturité et à sa stabilité pourtant ancrées.  

Et alors le naturel qui part au galop pour faire place à cette anxiété censurée. Accablement de sa propre réaction nonchalante et hypocrite. Elle se blesse elle même. Une femme digne d'être aimée tassée et traitée au plus simple. Elle n'est pas fidèle à sa spécialité, à sa parole différente du lot de tignasse, et pourtant. Peut-elle vraiment faire autrement ? Se censurer, quel horrible mot. Mais il lui inspire cet horrible mot maintenant. Le sourire est horrifié, le sourire a peur de lui, du non, du ridicule, de devenir tâche. Elle a peur d'être elle car il se trouve qu'elle est fragile cette blonde. Peur de nommer les émotions brutes sans réceptivité. Peur de se perdre et de perdre. Vivre le moment jusqu'au bout signifie devoir un jour, le laisser aller aussi. Ça cloche fort, le fil a été coupé alors qu'il n'aurait pas dû en être ainsi, elle le sait bien. Mais ça double cloche car l'électricité, la tremblotte, les secondes précieuses, les paroles d’entre chocs de petit cœur qui bat fort, elles sont encore là. Double impuissance que tu as choisis. Triple impuissance de sentir ton âme ne pas suivre ta jadis parole. T'es pas constant et ça te rend égoïste et fucking à côté de la track et ça, ça l'empêche de retrouver la sienne.

Elle est figée.
Elle n'aborde pas les gens de cette façon dans la vie.
Elle n'aborde simplement pas les gens.
Cet intérêt n'est pas rien.
Il est maintenant trop gros pour rien.

La candeur a été perçue telle une petite naïve mais en une femme, elle est pourtant fraîcheur et unicité. Ce moment lui a permis de s'envoler quelques instants, tel qu'elle le désire, hélas créant en elle un gouffre jamais vécu jusqu'à ce jour. À un brin d'herbe vert de le vivre, l'extase, et maintenant, maintenant, rien.

Or, elle sait. Elle a vu, elle a senti, elle a touché un tout petit peu. Tes joues, un peu. Tes yeux de petit garçon et tes paroles de trippes d'homme qui se sent bien et qui parle enfin. Elle a touché ta douceur. Et la douleur n'est pas douceur, elle est insupportable. Des confidences enlevées, un cadeau empoisonné.

Être, il se peut bien, incapable d'amour.
Mais elle ne croit pas à ta mascarade.
Tes réactions spontanées te trahissent.
Il se peut bien qu'elle ne sache rien.
Elle a un crush de vie sur toi.
Sache le donc petit criss.

Ça serait magnifique.

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