L'anglais et le français cohabitent mal au Québec.
Petite campagnarde que je suis, j'ai appris à parler en français et j'aime le français. Je m'identifie au français et à la beauté de ces mots, ils m'inspirent et sont ma raison de vivre.
Mais il y a nuance à faire entre protéger sa langue et sa culture et faire de la discrimination. Pour moi, la quête d'indépendance du Québec était reliée à la protection de la langue française, il n'y a même jamais eu questionnement de ce fait, jamais une remise en question d'une possible dissociation dans ma tête de campagnarde. Mais depuis peu, le contexte politique de notre province à la dérive m'a amené à me questionner, pour la première fois, sur le fondement de cette idéologie de l'idole imbattable qu'a été et sera toujours René Lévesque et je me dis, qu'aujourd'hui, les temps ont bien changés. C'est maintenant, et probablement que ça l'était aussi à l'époque, une erreur de penser ainsi. L'être humain est ainsi, il ne se pose pas de question, les québécois n'y dérogent pas, tous les humains le font, les humains défendent des prêts-à-penser de collectivité sans même y réfléchir par soi même et y apporter une contribution personnelle et individuelle, sans même le posséder et en faire son propre argument.
Beaucoup d'anglophones du Québec se sentent reliés à la culture gauchiste du Québec et non à celle de droite du Canada, mais nous les tassons de la main malgré tout en les mettant dans le bateau du Canada Anglais, et c'est d'une tristesse car c'est faux. Cette présentation de la gauche/droite est elle même simpliste et grossière et contradictoirement, elle me permet d'exprimer ma pensée que la bassesse de l'humain de généraliser sans se poser de questions nous amènera toujours à une perte et à un échec, peu importe le domaine, car c'est analyser un problème qu'en surface de penser ainsi, et ça nous donne donc des solutions de surface, qui ne fonctionneront jamais qu'en petite partie. Notre désir et besoin fondamental d'indépendance ne sera pas assouvi si nous ne mettons pas de côté cette barrière de la langue. L'anglais fait aussi parti de notre culture, et sans vouloir diminuer ou cesser de faire passer le français en premier, il est possible de cohabiter et de se mobiliser ensemble, dans une vision intelligente et supérieure. Ce n'est pas être faible de respecter tous et chacun dans son histoire et dans son bagage culturel tout en continuant de défendre sa propre langue, mais c'est sensé et juste.
Depuis peu, je m'ouvre à cette culture du démon qu'est l'anglais. Par le fait d'être Montréalaise, jeune adulte, mieux instruite, je ne saurai dire, mais ça met de la joie dans ma culture.
Je me délecte du feeling de l'ouest de ma ville, je m'extasie du Mile-End et ces trésors insoupçonnés. Je suis en amour avec ma ville. Ces vieilles fringues me font sentir vintage, je fais partie d'un portrait poussiéreux de haut de grenier.
Plants and Animals, au Cabaret du Mile-End, vous m'avez fait vivre l'orgasme, j'ai vécu un moment arrêté dans le temps, comme je les aime. La lourdeur de ma crise existentielle de fille perdue de 26 ans, cette little blond girl qui a une nouvelle trouille et qui perd confiance en l'autre, fait que je m'extasie beaucoup moins. Mon cœur de petite fille émerveillée que je me suis promis de ne jamais perdre, parfois, se perd oui.
Mais ce soir là, je t'ai retrouvé cœur de petite fille, avec une satisfaction ineffable.
Mettre des mots sur un amour de musique, c'est décrire l'indescriptible. C'est une simple combinaison de feeling. Le son, le groove, les paroles, le style, les gens, le sentiment d'appartenance, la musique. Les gens étaient beaux, la musique était belle, c'était sexy.
Vif sentiment de spécialité, d'irrégularité, d'envoutement, de moment supérieur éclectique où tout est sourire et positivisme. Mes envies sans retenue. Mes croyances croyant encore à l'assouvissement. Mon corps pouvant encore se trémousser. Des yeux qui ne se détournaient plus. Une bouche en coin agrémentée de sourires d'épaule de fillette coquette. Deux regards subtiles, pas subtile. Une tête qui se laisse aller à rien d'autre que le plaisir sexy du moment. Une ambiance de magie et d'amour de musique de tous les humains sur la planète, tout est beau et tout le monde s'aiment. Rien de moins.
Mes oreilles souriaient.
J'aime mon Montréal anglophone.
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