Pages

jeudi 19 août 2010

Punk tous bords tous côtés

Je crie ma joie de ce début août. Je mange au déjeuner, au dîner et au souper ma musique folk comme Regina Specktor, ou bien mon rock de filles avec les Sahara Hotnights de ce monde, et pleins de musique de toutes sorte car "Music is better than art", merci Randy the band pour cette merveilleuse affirmation, mais le bon vieux punk tel que les Vulgaires machins ne sortira jamais de mon Ipod et de mes séances quotidiennes et encore moins de mon cœur, même si l'âge et l'expérience qui devient d'elle même critique, me font constamment approfondir cette passion et découvrir de nouveaux sons.

Pile avec ce premier anniversaire d'amoureux, Les Prostiputes ont fait la première partie des Vulgaires Machins dans le cadre du Festival de la relève indépendante musicale en Abitibi, à Val d'Or. La soirée était ma-gni-fi-que. De voir de vrais gens avec de vrais valeurs, qui les transmettent par leur musique, et que les gens embarquent et ne s'en lassent pas, c'est merveilleux. Au delà des clichés, même l'adolescent à première vue du type procrastination qui se fou bien des bonnes valeurs, écoutait attentivement cette Marie-Eve éduquer les gens sur la politique et allaient feuilleter les livres dénonciateurs loin d'être facile à lire, sur la table de merch, avec curiosité et émerveillement. Semer l'intérêt chez les jeunes de vivre différemment et de devenir un adulte de demain conscientisé sur notre système bien loin d'être juste et sur nos habitudes de vie douteuses face à la terre et à notre propre corps, c'est ici même la source, le fondement dis-je de ce qu'est la musique punk est pour moi.

De plus, avec ce privilège de n'être pas qu'une spectatrice au spectacle, l'adolescente qui sommeille en moi à côté de la petite fille a été capable de retrouver l'émerveillement et la naïveté que j'avais jadis face au milieu du spectacle et à la magie de la musique et des émotions transmises à un public qui se donne complètement devant l'artiste qui a fait une différence dans son chemin de vie.

Voici un vidéoclip qui me plait, en attente impatiente de la prochaine tournée en duo qui s'annonce.


lundi 2 août 2010

Dans le temps

Les choses changent, se détériorent et ne deviennent que mince souvenir pour les plus âgés de ce monde, un passé abstrait pour cette fleur de l'âge et une image noire et vide pour les prochains. Toutes les fois où je me suis dis que les gens avec leurs remarques nostalgiques tel que "dans mon temps" n'étaient que trop vieux et vivaient dans le passé et l'amertume, me reviennent à l'esprit, et je me dis que non, ce n'est pas que la vieillesse de nous même qui nous pousse à ces réflexions déprimantes. Car, quand on dit dans mon temps, cela amène un éloignement de la vie présente, cela veut dire qu'on vénère le passé face à notre quotidien fade. Cela veut dire que la vie ne va pas en s'améliorant. La vie vieillit d'elle même.

Mais il y autre chose. Cela veut dire que nous ne contrôlons pas les choses qui changent. Car sinon nous n'aurions guère besoin d'utiliser cette remarque si déprimante et nous serions dans l'action pour la continuer cette vie qui était si belle dans le temps.

Après mon voyage en Gaspésie, je me sens perplexe face aux choses qui changent. Les gens s'éloignent, les gens vieillissent, et la terre aussi.

Les merveilles de ce monde se détériorent, même si l'humain y porte la plus grande attention, car il en est ainsi. Nous vieillissons tous, nous disparaîtrons tous un jour, nous et la terre.

C'est avec stupeur que j'ai vu mon rocher Percé plus horrible que jamais, avec un accès barré pour ne plus y accéder par trop grand danger. Après avoir bravé l'interdit, une fois à ces pieds, la magie que j'y ai jadis sentie n'y était plus. Il enlaidit, il vieillit et ce qu'il a pu être "dans le temps" serait dans ses pensées s'il pouvait en avoir. Sa fin approche.

Et mes grands-parents. Ou plutôt elle. Si différente. Voyant sa logique qui s'effrite carrément sous les yeux de tous qui ne sont que de plus en plus dur avec elle. Par peur, je ne crois pas, par manque de savoir vivre, sûrement. Par incompréhension de notre cycle on peut se dire, mais je crois plus par incompréhension d'eux même et par leur agressivité c'est eux qui sont pitoyables, ce n'est pas elle et sa déchéance.

Elle est entrée dans son retour à l'enfance. Cette femme n'est plus ce qu'elle était. Ce qui occupe ses pensées, ses opinions, ce qui l'a fait rire, ne la concerne plus, et ne concerne plus les adultes qui l'entourent. Retour vers les comportements insignifiants d'un enfant mais pas mignon, non. Seul l'enfant est mignon, maintenant ces comportements sont grotesques quand tu es un adulte qui n'est plus tellement un adulte, mais un mélange de je ne sais quoi entre l'adulte et la mort.

Il y a une différence avec ce retour à l'enfance et la véritable enfance car il n'est pas aussi joyeux, ce n'est plus le moment où l'être humain est à son comble de pétillement et de naïveté. Ce retour à l'enfance se voit plutôt plané par une grande lourdeur. Cette lourdeur c'est cette la petite partie cachée de cette femme qui se rappelle de comment c'était "dans le temps". Une partie qui, malgré la détérioration de l'adulte vers la mort, se rappelle de comment les adultes lui parlaient avant. Cette partie qui se rappelle certainement au fond de son cœur, peut-être pas d'une façon aussi claire qu'avant mais qui s'en rappelle quand même, de ce qu'elle a pu être, et elle voit alors que les adultes la méprisent, qu'ils sont mal à l'aise en sa présence et s'éloignent en lui parlant comme à un enfant de plus en plus. Mais de l'extérieur on ne voit que son retour à l'enfance. Et alors la rupture de cette femme/morte face à sa vie se fait et elle s'éloigne de plus en plus aussi. La vérité crue de la disparation éventuelle est trop dure alors la pente descendante se fait vite, pour en finir vite.

Si on s'arrête et qu'on l'observe, on le voit bien que dans tout ceci il y a un peu de mascarade. Elle a jeté sa cohérence par sa fenêtre de cuisine crasseuse et elle dit n'importe quoi, mais c'est trop, oui c'est trop. La femme-morte n'arrive pas si vite dans la vie, et cette femme va beaucoup plus vite que son véritable cycle. Mais sa famille a toujours été si stupide avec elle, ils l'a méprisaient bien avant que tout ceci n'arrive alors se dit-elle, pourquoi ne pas faire semblant tout de suite là maintenant, alors qu'elle sent qu'elle se transforme déjà un peu vers cette femme-morte. Ainsi elle pourrait avoir la paix plus vite qu'elle l'aurait cru, et aller chercher ce droit de rester seule de l'intérieur avec ses pensées, en s'imaginant avoir eu une autre vie, une vie si majestueuse, où elle aurait été libre et si heureuse. Pourquoi n'y a t-elle pas pensé avant ? La fausse mort de l'extérieur est la meilleure façon de partir sans réellement partir. Car cette femme a voulu toute sa vie quitter ce mari si répugnant, mais elle ne l'a pas fait car les femmes n'agissent pas ainsi, elles ne partent pas, elles endurent.

Maintenant elle impose un retour à l'enfance de l'extérieur à celui qu'elle déteste avec tous ses organes, elle lui crache une impression de perte de logique et de mémoire, pour s'évader et tenter de s'offrir du calme avec le peu de temps qu'il lui reste avant d'être réellement cette femme-morte, car elle la sens, elle approche.

Cette femme, cette grand-mère qui a déjà vécue une première mort en se mariant, se retire en femme-morte avant même de l'être vraiment. Peut-être est-ce que je me trompe et que je refuse de voir que les gens changent et se dégradent avant de disparaître et que son intérieur est le même que ce qu'elle nous montre, mais je sais que non. Ses yeux n'arrivent pas à me mentir comme aux autres. Mais la vie et ce qu'elle a d'injuste ne m'a jamais vraiment permise de vivre des moments de grande complicité avec cette femme pour percer cette carapace étrange qui saute bien fausse à mes yeux de petite fille qui peut voir avec tristesse la femme qu'elle aurait pu être et qui sait aussi que malgré toutes ses idées de bonheur, elle partira brisée, tremblante, en n'ayant plus aucun souvenir de la jeune femme qu'elle a déjà été car sa vie n'a été que survie et cette survie l'a complètement et cruellement engloutie.

mercredi 14 juillet 2010

Cette amitié

L'amour et la haine sont si proches. Une fois qu'elles se côtoient, impossible de les séparer. Elles deviennent comme des sœurs siamoises, comme des sangsues sur les pieds des enfants dans les marécages.

En amitié, cet amour-haine est encore plus vicieux car l'amitié est une relation humaine bien particulière. Elle prend beaucoup de place, mais pas en même temps. Ce qui veut dire que supercheries et hypocrisies sont faciles d'y jouer car l'esquive au bon moment par piètres excuses est possible car rien ne t'oblige de consommer une amitié à tous les jours. Ainsi personne ne peut t'en accuser et tu fuis en toute certitude d'avoir éviter une tempête. En toute certitude que ton comportement destructeur peut continuer sans que personne n'y dise quoi que ce soit car tu as plus d'un tour dans ton sac pour fuir en bonne conscience.

L'amitié est ainsi. Par moment pleine et par d'autre, en distance improvisée.

Et lorsque par milles et une stratégies tes amies arrivent à te faire face, tu fuis encore. Cette fois ci tu fuis de l'intérieur et de l'extérieur tu nous offre une crise.

La crise est ta meilleure arme en amitié. Elle attire la culpabilité, elle fait peur et elle détourne l'attention du sujet principal. Elle te permet de fuir encore. D'éviter de parler, car si tu parlais, tu ne pourrais pas supporter la vérité qui t'entoure. Celle que par pur désir d'appropriation de tout, tu fais mal à tes amies, tu les détruis à petit feu en tentant de leur enlever leurs moments de gloire. Car toi, tu dois tous les avoir les moments de gloire. Ça te permet d'oublier tes démons ou plutôt, de les éviter, de les ensevelir sous des moments inutiles qui occupent tout ton temps. Ça te donne l'impression d'exister. Tu te dis que si tu as l'attention de tous, tu n'es pas si répugnante que ça finalement. Que la reconnaissance s'attrape ainsi, en t'imposant, en prenant toute la place, même celle qui ne te revenait pas.

Mais tout ceci à une conséquence. Ce serait bien la plus grande injustice qu'il n'y en ait pas.

Cette conséquence est que les gens se distancent de toi, malgré eux. Car ils t'aiment tant mais ils n'arrivent pas à te faire confiance. On ne peut faire confiance à la fuite et à la crise. Mais en fait, c'est encore une injustice car non seulement tu souffres, mais ceux qui en souffrent le plus ce sont les autres. Les spectateurs muets à ta destruction.

Car ne nous leurrons pas, tes amies ne sont pas que spectatrices. Elles subissent. As-tu pris conscience du nombre de larmes que tu as pu causer chez ces filles, le nombre de cris d'injustice de te voir tenter de tout prendre alors que tu n'en as rien à faire, mais que toi tu prends tout même si ça ne t'intéresse pas, en sachant par contre très bien que pour elles, c'était peut-être la prunelle de leurs yeux, un échappatoire à cette vie de fous.

Trop tard, tu l'as pris. Tu l'as mal utilisé, jeté, mais usé donc trop tard pour elles. Trop tard. De toutes les façons, tu as pris ce qui leur appartenait et aux bons moments, tu as hurlé et pleuré pour éviter et pouvoir recommencer.

Et tu sais, un jour, tu es allée trop loin. Ce moment était une évidence. Et alors la fuite est devenue plus lourde. Le néant de la blessure trop creux. Le retour n'a pas été le même. Les choses n'étaient plus ce qu'elles étaient, la vie était devenue médiocre toutes ensemble.

Tu as tenté de lui prendre ce à quoi elle tenait le plus mais surtout, tu as tué votre amitié par ta propre faiblesse. C'était évident que ça ne réussirait pas cette fois ci car tu as jeté ton dévolu sur du sérieux, sérieux qui n'aurait en aucun cas succombé à tes bassesses. Mais tu as semé la fatigue. Tu as dégoutée beaucoup d'entre elles, et pour elle, tu as tout détruit.

Et tu as continuée à avoir toute l'attention en étant de plus en plus seule.

Et alors, elles se sont toutes mises d'accord que ça ne pouvait plus continuer ainsi. Elles ont comploté, pour t'aider. Par espoir de réchapper ce je ne sais quoi qui les tenaient ensemble.

Elles ont tenté de surmonter ta fuite, encore et encore, et tu as cédée à un certain moment. Tu as, pour la première fois, été capable de dire de te décrire telle que tu étais. Que la culpabilisation jetée sur les êtres qui te sont les plus chers et aussi le charme, oui le charme sur tout et tous, étaient tes armes au dessus de ta peur de la solitude et ton simple besoin de petite fille de voir dans les yeux des autres que tu es merveilleuse.

Elle a pleuré de joie. Tu t'ouvrais. Tu comprenais. Il y avait un espoir après tout.

Ensuite, tu as tentée de renier votre amitié. Tu as dis qu'elles ne te connaissaient pas. Que c'était elles les égoïstes et les manipulatrices. Oui. Tu as fais vivre ta fuite en rabaissant votre amitié. Une nouvelle arme à toi qu'elles ne te connaissaient pas.

Alors là, elle a baissé les épaules. Elle a continué d'être présente, par habitude, par survie. Elle suis devenue aigre, mal aimante et même un peu méchante. Elle savait qu'à petit feu, la fin approchait. Car elle, elle ne pouvait plus laisser le temps faire oublier tes trahisons. Et les autres étaient toutes autant fatiguées. Sauf qu'elles y croyaient encore. Elles n'avaient pas atteint leur quota de déceptions accumulées.

Peut-être n'ont-elles pas été atteintes autant qu'elle dans toute cette histoire. Mais elle, elle n'a pas oublié cette fois ci. Et alors là sa fin à elle approchait. Car ces filles, elles étaient normales, elles n'avaient pas le droit d'être faibles et mesquines comme toi tu as pu l'être. Elles ne pouvaient pas utiliser la fuite juste un instant pour tenter d'y comprendre quelques chose, pour tenter de se retrouver rien qu'un peu, pour être capable de s'aimer à nouveau.

Alors par sa distance qui à commencé à s'installer, on a commencé à se retourner contre elle. Vous toutes. Et alors une faille de sa part, une lettre disgracieuse, l'a mise dans la tombe.

Ça se connait ça dans la vie. Il est bien plus facile de jeter celle qui parle et qui recherche la confiance, celle qui ne se taira plus devant la fuite, que de jeter celle qui fuit mais qui est si agréable dans les autres moments. La loi non écrite du 0 sur 2. Non seulement elle était acre dans la supercherie, mais elle l’était aussi dans les bons moments. Zéro est mauvaise note, il lui aurait fallu au moins un 1 pour conserver sa place.

Comme toi, il lui aurait fallu jouer la fuite.

Je ne saurai jamais pourquoi les gens prennent la fuite même si elle est plus facile alors que la vérité est si jouissive et épanouissante. Plus par faiblesse que par force c'est ce que je sais.

Ce qu'elle avait remarqué depuis ton geste fatal, c’est que ton attitude générale avait changé. Tu commençais quand même à saisir que ta fuite serait de plus en plus difficile car elles devenaient plus exigeantes, elles  grandissaient comme des femmes tes amies. Elles voulaient de vraies relations. Alors tu ne criais presque plus. Ta nouvelle arme était le silence. Dans les discussions animées, ton silence. Dans les sujets chauds qui les mettaient toutes en crise, tu ne disais rien. Et c’était encore plus fâchant. Tu étais celle qui aurait dû parler, ces sujets t’étaient presque tous destinés car les tabous avaient été créé par toi dans le passé, et pourtant. Le silence est pire que tout. Comme ça tu te lavais les mains, encore une fois. Tu n’étais pas impliquée en rien donc elles ne pouvaient plus rien te reprocher.

Dans sa déchéance il y a aussi eu ton silence. Et ça, elle l’a pris comme un abandon. Car hors de tout doute, tu avais toujours été là pour elle dans les vrais moments, malgré tout. Malgré son mépris de cet unique trait de ta personnalité qui détruisait tout sur ton passage, tu étais sa meilleure amie. Et tu n’as pas tentée de l’empêcher de partir. Elle a toujours cru qu’au fond de toi, toi aussi tu le méprisais ce trait de ta personnalité, et qu’il n’était pas indestructible. Ou du moins, qu’en situation extrême, ce ne serait pas lui qui aurait le dessus.

Par tes silences on pouvait croire que peut-être tu étais en train de t'assagir et de comprendre, mais pour elle, il était trop tard. Elle ne te croyais plus. Et c'est donc elle qui a fini par endosser ton rôle de malcommode. Et tu n’as pas tentée de l'a rattraper. Quand on pense à toutes les fois ou elles ont accepté et endossé du mal provenant de ta personne. Peut-être étais-tu toi même si fatiguée de toi que tu t'es dis que pour un nouveau départ, tu devais changer de vie aussi, et que de l'a laisser partir, de l'a perdre sans rien ne dire, était peut-être bien la façon la plus facile de se réconcilier avec la vie.

Comme un nouveau départ, telle était sa propre quête. Ce serait bien là l'ironie de la vie qui finalement, ne l'a  surprendrait pas tant que ça. Mais elle sais bien que non. Tu as tout simplement fuis, encore une fois.

Ses inquiétudes étaient donc si réelles. Tu es prête à tout pour te protéger dans tes humeurs bipolaires et ce, au dépend des autres. Tu t’es protégée dans tes malheurs jusqu’au bout. Jusqu’à perdre ta meilleure amie sous l'arme du silence.

Ainsi, tu as été blanche comme neige, tu n’as rien fais, elle a crié toute seule, elle a été agressive n’est-ce-pas et méchante, et elle est devenue distante, et elle vous a quitté parce qu'elle est ingrate, parce qu'elle ne pense qu'à elle cette fille, et elle s'est détachée sans raison n’est-ce pas, parce qu'elle est en couple ou je ne sais quoi et donc elle n'a plus besoin de ses meilleures amies, comme une égoïste qui vous aurait utilisé pendant toute sa vie. Juste au cas où elle trouverait mieux.

Là voilà l'explication.

C’est comme les deux autres qui vous ont quitté, pas si loin avant elle. Vous avez nommé des raisons tout aussi minables en prenant la première excuse plausible tombée sous la main. Et voilà. Vous vous êtes dit que vous aviez raison. Il n’y a jamais eu de cause aux départs des gens qui ont fait parti de vos vies. Ils partent sans raison, par égoïsme.

Manipulation de la vérité, même derrière la dispute de convenance. Des vies jouées qui se protègent par l'attaque des conséquences, en ignorant délibérément les causes si crues.

Non. Vous n'êtes pas comme ça, sinon elle ne vous aurait jamais aimé. Et pourtant, devant la carapace, c'est tout ce que le public voit et c'est ainsi qu'elle a vécu son départ. Comme une parmi les autres. Une qui n'aurait pas dû essayer de brasser cette carapace indestructible.

Cette dernière tentative de réconciliation qu'elle a écrit, c'était face à ton mur et à sa critique. Elle voulait  simplement voir si un espoir de vous retrouver serait possible.

Mais tu es restée dans ton arme du silence. Elle sait que tu savais que tu étais celle à qui la lettre s'adressait le plus. C’est bien ce fond de peur qui a résisté contre ton envie de la réconforter. Car c'est tout ce qu'elle avait besoin. Une vraie discussion avec toi, une bonne fois pour toutes. Pour que vous vous dites sans tabou vos faiblesses et vos forces mutuelles pour arriver à bien gérer votre amitié, pour laisser le passé derrière sans le mentir.

C'est ridiculement simple ce qu'il vous fallait.

Vous l'avez peut-être tout simplement jugé d'avoir été disgracieuse qu'une seule fois par accablement, parce que vous étiez usées par le passé autant qu'elle et que vous veniez de la rattraper dans votre quota de lourdeur accumulée et que la coupure pour passer à autre chose est tombée sur cette fille critique. L'arme du silence de la première lui avait enlevé le mauvais rôle et la suivante se plaignant juste un peu a écopé dès le premier coup.

Mais peu importe, son appel au secours est resté sans secours.

Alors elle est partie.

Et vous ne formez toujours qu'un. Un sans elle.

Vous êtes unies, envers et contre toutes, en apparence, comme vous l’avez déjà toutes été, et elle, elle est seule et malgré ses valeurs heurtées, et tout le reste, malgré tout ça, malgré toute la colère, elle s'en ennuie éperdument et elle donnerait tout pour retrouver ces sourires qui l'a connaissent tant et qui auraient dû être le centre de sa vie.

jeudi 8 juillet 2010

Zooey et les sorcières

Plus un blog de voyage qu'un "texte littéraire", l'envie me vient de raconter ce que cet été m'apporte, les deux pieds bien sur la Terre de notre Amérique.

Boston, mais qui es-tu Boston ? Une ville qui est en compétition face au fondement de la solidarité des québécois, en compétition contre la "chose" qui nous permet d'avoir un dernier lien d"appartenance en tant que société éclatée ?

J'ai toujours cru que Boston n'était guère intéressante, car aux États-Unis et enceinte d'une équipe de hockey, moi et mes préjugés, et bien non, j'ai décidé que cette été, par défaut de n'avoir les moyens d'aller outre-mer, je profiterai des merveilles que nous avons près de nous et que nous nous poussons à ignorer.

Un petit deux jours m'a permis de visiter l'attrape touristes qu'est Salem, de voir She and Him au House of Blues de Boston et pouvoir contenter mon adoration pour Zooey Deschanel, et aussi avoir un aperçue de la beauté de cette ville qui sera certainement l'objet d'une future destination de façon plus approfondie. Le campus d'Harvard, je reviendrai!

Dans Almost Famous, Yes man et bien évidemment 500 days of Summer, Zooey Deschanel vole la vedette de mon cœur et représente ce qu'est pour moi une jolie fille, intelligente et talentueuse. Cette fille d'à côté a atteint son summum de perfection lorsque j'ai entendu son groupe musicale She and Him. Une pure merveille folk, 50's, musique d'été, nomme le comme tu veux, c'est pur, positif, dégagé de la machine des starlettes "trash", c'est charmant et envoutant. Le spectacle était énergique, agréable, elle était pétillante, tout répondait à mes attentes. Pendant quelques instants, je me suis sentie dans un monde idéal des vieilles années où tout est classique mais si joli.
La première partie The Chapin Sisters, à première vue douteuses avec robes de gitanes, cheveux digne d'un Woodstock et son un peu trop linéaire, m'a finalement agréablement surprise. Contre attente, je me suis laissée embarquer par ces filles étranges et leur talent musical sans chichi, comme si seule la présence de Zooey pouvait opérer une magie positive sur tout le reste.

En mettant de côté la folie des américains, leurs fouilles monumentales et leur non confiance de tous et chacun, ce fut une soirée qui en a bien valut la "ride".


Dans un même ordre d'idée, faisons nous dont dorloter.

Le Québec regorge d'endroits féériques et on ne le voit pas, on s'en fou même, car tout ce qu'on cherche, c'est partir, partir le plus loin possible, même si le plus loin possible est moins agréable que ce qui est tout près.

Un tout petit village nous a accueilli par un merveilleux petit café dirigé par une bonne petite demoiselle forte de caractère mais si unique, avec un endroit champêtre, rustique et de la nourriture maison comme il ne s'en fait plus. Un éclair de vie de région sublime.

Pour ensuite nous permettre de découvrir cette merveilleuse auberge sur une presqu'île dans la région de la Mauricie, pour un trois jours de piscine, spa, bain nordique, sauna, massage suédois, forêt, chaloupe, lecture, déjeuner et souper digne des plus grands restaurant de ce monde, et repos, repos, repos pour retrouver celui que j'aime dans un monde où la notion du temps n'existe plus.

Le tout pour un prix de petites arachides.

J'aime tant l'été.

samedi 29 mai 2010

Vielleries

Samedi soir, 06 Décembre 2008

Ces temps ci je ressens un besoin puissant d’écrire. Écrire sur tout et sur rien. D’une façon frôlant le cynisme, j’ai envie de détruire tout ce qui m’entoure. Sans méchanceté mais plutôt avec une grande honnêteté. Je n’arrive que rarement à me sentir actrice dans ce que je vis, en fait, je me sens spectatrice. C’est un sentiment qui ma foi, semble me suivre sans se lasser et qui ne semble pas être prêt à partir. Pourtant, je suis loin de me sentir sans émotion. N’est-ce pas contradictoire ? Par évidence de ces quelques mots noir sur blanc, je ramène tout à moi-même. Je ne n’arrive que rarement à sortir de ma propre auto-analyse. Le je, moi. Attends. Je vais plutôt parler de moi à la troisième personne cette fois ci. Comme ça j’aurai peut-être moins l’impression d’être nombriliste. Ça ne peut qu’être positif, non ?

Allons-y.

Cette fille est pleine de charme. Elle a un je ne sais quoi d’hypnotiseur, d’enjôleur. Un regard qui vous poignarde les entrailles. Mais tout ceci lui vient bien évidemment naturellement. Sans même en prendre conscience, sans même le créer volontairement. C’est ce que les hommes croient. D’un grand sens de bonté, pensant au bien être de l’humanité, ayant tant à donner…

Je me transforme en poète ?

Si jeune et si forte mais si vieille et si fatiguée.

Non maintenant je vole des paroles. Cette merveilleuse descendance Wainwright. Ma capacité de traductrice ne peut quand même pas me donner ce droit. Mais est-ce vraiment possible de composer des mots qui n’auront jamais été dit avant nous ? Est-ce possible de créer une émotion différente, un sentiment unique, qui démarquera l’auteur du lot de tous ceux qui ont la plume sincère ? Le mot sincère se veut trop fort ici. La sincérité n’a plus de réelle valeur maintenant. Dans tout. L’écriture serait-elle elle aussi une manipulation par les mots ? Le capitaliste de la littérature ? Une recherche de gloire en se disant unique et différent et ô si profond, si innovateur, si grandiose, si intelligent, si vif d’esprit, si « vrai ». Est-ce vraiment possible de penser que nous pouvons dépasser ces Beauvoir de ce monde ? En fait, non. Cette fille n’espère pas dépasser ces Beauvoir de ce monde. Elle espère je ne sais plus. De se libérer j’imagine. De se laisser aller. De transmettre par la magie des mots et de la langue française ses émotions qu’elle espère, sincères. A-t-elle vraiment envie qu’on l’a lit ? Oui. Non. Ça dépend. Seulement si on lui garantie qu’on aimera. Donc peut-être pas. Est-ce si important ? Car il ne faut pas se leurrer, il faut aussi gagner sa vie. Mais tout ceci lui importe peu présentement, sincèrement. Mais arrivera telle à s’exprimer de cette façon? Vous savez, la façon qu’elle admire, la façon qu’elle a l’impression que tous y arrivent sauf elle. Elle qui n’a à peine osé déposer son crayon sur ces papiers blancs qui trainent partout dans sa vie. Pourtant bon nombre d’idées fourmillent derrière cette tignasse blonde. Oui elle est naturelle. Elle a bien une tignasse. Une tignasse ce n’est pas supposée savoir écrire.

Savoir écrire ! Le commun des mortels fait-il seulement la différence entre écrire et savoir écrire ?

Et cette façon saccadée d’écrire. Qui se veut hum, crue, poignante je crois. Tellement contemporaine et jeune. Mais écoutez, elle n’est pas tellement sincère elle non plus. Comment y arriver ? Comment pourra t-elle y arriver ?

Y aller plutôt avec mon cœur. Comme un journal intime. Je pense que c’est ce que je fais en général. En fait, je ne pense pas j’en suis certaine. Avec ma grande incapacité de me censurer.

Nous sommes par contre dans une ère ou les émotions n’impressionnent plus personne. En fait je dirai plutôt ou les émotions positives n’intéressent plus personne. Ça ne choque pas, c’est trop commun. À la Beigbeder et Nothomb, nous aimons le sarcasme, l’ironie, l’humour noir et la folie. Pourtant des auteurs que j’adore, pourquoi la balance ne pourrait telle pas être renversée ? Je décide aujourd’hui que l’humour sanglant est commun. On vit dans un monde de tromperie, de mensonges et de superficialité. Il est tant que le beau redevienne le rêve. Pas seulement comme morale de fin de livre. Écoute, moi je veux faire une morale méchante de fin de livre. Avec un livre gentil. Ne serait-ce pas plus réel ? Que tout ce qui est bon devient néfaste, et non le contraire ? Moi je trouve que oui, mais je ne veux pas entrer dans ce pattern (Ça y est, j'utilise des anglicismes en québécoise de souche que je suis, mais qui a quand même un nom français. Ça passe mieux. Et c’est plus original. Ça aussi je ne l’ai pas créé) de m'ironiser et d’être dont contemporaine.

PS. Cette nouvelle version de moi qui se crève devant des écrans plasma devra porter des lunettes dans un futur proche. Au moins j’aurai le look sans l’avoir créer par moi même.

-----

Rupture
Automne 2009

Sans sa famille, elle n’aurait pas été de ce monde. Pourtant elle n’en veut plus. À travers sa famille cette fille a assisté à ses premières images de l’humain, ses premiers mots, ses premiers exemples de comment elle devra vivre, agir, exister. C’est à partir de là qu’elle est devenue celle qu’elle est aujourd’hui. Elle y a tout appris. Mais qu’en est-il du fait qu’elle est née dans une famille dysfonctionnelle ? A-t-elle vraiment eu une chance de devenir une personne stable et saine, alors que ses points de repères ont été pour les seize premières années de sa vie, instables et malsains ?

À quel moment dans sa vie va-t-elle s’être éloignée assez pour s’être libérée complètement de leurs influences ? Ce moment où elle pourra considérer qu’elle a assez appris par tout ce qui ne se rattache pas à la famille et ainsi pouvoir s’en créer une à elle. Le moment pour pouvoir dire qu’elle a fait le deuil de son enfance et ainsi continuer sa propre vie. Continuer en étant la personne qu’elle veut être, qu’elle commence à être et qu’elle a l’impression d’avoir toujours voulu être au plus profond d’elle-même. Cette personne qui a été forgée dans sa tête grâce à la personnalité que la nature lui a donnée. L’intelligence mais surtout la sérénité naturelle qu’elle a depuis son premier jour. Briser le cycle négatif, tout oublier ou plutôt tout mettre de côté et ne pas laisser le passer avoir des répercussions sur sa propre personne, sur ses gestes, ses habitudes, sur ses pensées et surtout, sur ceux qu’elle aime.

Mais ce cheminement, en revient à dire que la plus grosse partie de sa vie n’a servi à rien. Mais effacer cette partie ne serait-ce pas effacer qui elle est ? Est-ce vraiment possible? Peut-elle être exactement comme ceux qui auraient eu un passé différent du sien ? Peut-elle sélectionner ce qu’elle efface et ce qu’elle garde ?

Il est curieux de se demander à quel moment de sa vie elle s’est rendue compte que ce qui faisait partie de son quotidien était pitoyable. Qu’elle pouvait avoir mieux. Pourquoi ce ne sont pas tous les enfants qui font cette réflexion? Pourquoi y en a-t-il qui s’en sortent mieux que les autres ? Est-ce que nos destins sont si prévisibles, dès même nos naissances ?

Elle a eu longtemps une haine incroyable en elle, une rancœur, un manque, un sentiment d’injustice. Maintenant contrôler, c’est mentir de dire que ses sentiments ne peuvent pas refaire surface sans crier gare, par la parole bien choisi d’une de ses deux personnes qui lui ont permises de voir le jour. Il est incroyablement apeurant de se dire que malgré toute la force qu’elle a construite, il y aura toujours quelqu’un qui pourra venir l’écrouler en une fraction de seconde. Est-il juste de considérer alors qu’elle est forte ? Nous croyons que non.

Elle les déteste souvent et aurait voulu qu’ils n’existent jamais. Ils sont méchants, troublés eux même par leurs propre enfance mais surtout, même avec le recul et les pensées que leurs vies auraient pu être autrement, ils ne cherchent pas à s’améliorer, à faire des efforts et à s’affronter pour changer.

Garder un lien est impossible. On peut dire ce qu’on voudra, il est faux d’espérer un lien de respect avec une personne qui t’a détruite pendant des années. De quel droit l’oblige-t-on d’aimer ses personnes ? Est-ce valable de lui demander de sacrifier son propre bonheur pour un prêt-à-penser qui dit que ses parents sont ses parents, peu importe ce qu’ils feront et qu’elle doit les aimer? Un prêt-à-penser qui dit que c’est elle qui est ingrate de ne pas les aimer.

Par contre nous l’avons vu grandir cette fille. Nous l’avons vu faire des choix, avoir mal, apprendre, recommencer, apprendre. Mais nous voyons aussi ce qui a été détruit dans sa vie par ce passé. Nous le voyons refaire surface ici et là et venir ébranler tout ce qu’elle a construit. Par contre ce qu’elle a construit est solide. Il s’ébranle mais il reste. Elle apprend. Nous l’avons vu, alors encore jeune adolescente, saisir sa mince chance et changer tout. À partir de ce moment, elle a eu et a toujours l’impression d’être deux personnes. L’impression d’avoir un jour placé de côté la première personne du début de sa vie pour faire place à la deuxième. Sans la première, la deuxième n’existera jamais. Parfois elle voit celles qui sont toujours restées à la première personne de leur vie. Elle les voit et sait que par ce qu’elle dégage, elles ne savent pas qu’elle l’a déjà été cette première personne et qu’elle les comprend si bien. Mais elle les comprend.
Ces personnes qui osent rayer de leurs vies les personnes qui les influencent négativement et tout recommencer existent. La personnalité naturelle d’indépendance et de curiosité a permise à cette enfant de devenir une personne bien. Mais une fois seule, est-elle réellement mieux ? Devrais-je dire, est-elle bien complètement ? De plus en plus.

La vie continue, elle est ce qu’elle est. Avec son désir de toujours aller plus loin et de continuer à exister. Une partie d’elle est par contre éteinte, fragile. La partie de l’enfant qui espèrera toujours sans réellement espérer, voir le regard d’un parent aimant et fier et qui sait que ce regard ne viendra jamais.

- L’enfant devenu jeune adulte.

------

Douleur
Février 2010

Je déteste le fait que le négatif, le mal, la perversion, la déchéance, l’abus, la violence, la trahison, l’hypocrisie, la dépendance, soient si appréciés du lecteur. Mais pourquoi le sont-ils ? Parce qu’ils libèrent. Parce qu’ils nous ramènent à nos tripes, à nos péchés, à nous même, en tant qu’être humain imparfait. Nous avons ce besoin de valider que nous ne sommes pas fous. Que nos vices sont communs avec les vices des autres. Que nos malheurs et blessures ont déjà été vécus par d’autres, et que notre faiblesse et nos fautes sont commises que par ses blessures. Ce sont elles qui nous rendent ainsi, c’est bien évident. Nous ne sommes responsables de rien, ce sont les autres. C’est le passé le responsable. C’est nos blessures les responsables de comment nous menons notre vie aujourd’hui, maintenant. Dans un tout autre espace temps, bien loin de ces blessures. Et c’est ainsi que nous arrivons à les dédramatiser. Nous nous permettons de se créer une bulle de normalité en se comparant aux autres et en mettant la faute sur les autres. Ainsi nous avançons la tête libérée. C’est ce que nous croyons.

Mais tout ceci est faux, notre tête n’est pas libérée. Nous nous créons des carapaces. Nous nourrissons des idées préconçues auxquelles nous croyons dur comme fer pour passer au travers de cette vie de chien. On tente d’oublier la perversion et le mal en diminuant leur impact. En se disant que nous ne sommes pas pires que les autres finalement, dans ce monde de fous.

Mais nous avons tous mal, et ça nous le savons. On ment aux autres que tout va bien, on se ment à nous que tout va bien, mais pourtant, cette douleur, elle reste. Elle y est. On n’arrive pas à faire semblant qu’elle n’y est pas. Nous doublons notre personnalité. La première qui ment aux autres et aussi à soi même, que tout va bien, oui. Et la deuxième qui sait très bien que ça ne va pas, que l’abcès de cette vie de chien n’est pas percé. Que ce qui nous entoure n’est qu’illusion et souffrance. Mais pourtant ce côté qui est là à tous les jours de notre vie, celui qui a le plus d’impact, c’est celui que nous écoutons le moins. Nous nous disons que nous le taisons. Qu’il le faut. Et nous tentons de vivre heureux. Et parfois nous y croyons. Mais il manque quelque chose.

Il manque quelque chose. Le vrai bonheur. Le bonheur complet. Celui qui est honnête, en tout temps. Celui qui a pardonné son passé, celui qui ne déculpabilise pas ses propres gestes. Le bonheur d’avoir le courage d’assurer l’influence du mal sur sa propre vie et donc d’arriver à ne plus se laisser influencer. Arriver à tuer le mal. Arriver à n’avoir aucune mélancolie face à ce monde de fous. Arriver à faire le bien, pour vrai. Pour soi et pour les autres.

Arriver à ne plus en vouloir aux autres qui n’y sont pas arrivés et qui ont tentés de nous entraîner avec eux dans leur gouffre de souffrance. Dans le gouffre de ce monde de fous.

Le bonheur d’être différent, en toute réalité. Avec ses deux personnalités n’en formant qu’une.

Être la même personne, en tout temps, c’est ça le bonheur honnête.

Je voudrais faire différent, je le voudrais tant. Mais je suis comme tout le monde. J’ai souffert, beaucoup et cette souffrance est en moi dans tous les moments de ma vie. Certes que j’ai atteint un certain bonheur, que j’aspire à de magnifiques buts, oui. Mais le passé reste, plane, il est toujours là, en ombrage, tout près.

Mais ne suis-je pas sur la voie de ce bonheur ? Oui. Mais ne suis-je pas parfois exigeante et négative avec ceux que j’aime ? Ceux qui n’utilisent pas deux personnalités avec moi, malgré les souffrances qu’ils ont eu ? Ceux qui ont compris le cercle vicieux de ce monde de fous et qui luttent pour ne pas s’y laisser glisser ? Oui, je leur fais du mal. Même si je les aime. Parce que c’est plus fort que moi. Le mal me pourri.

Même en ayant cette conscience de ce monde infernal, je pourri. Je continue le cycle. Je me mentais en me disant que j’étais au dessus de tout. Que j’avais réussi. Que j’avais atteint le bonheur d’être différente en toute réalité. Non. J’ai atteint un bonheur merveilleux mais le passé plane, il plane plane plane.

Comment le faire partir me dis-je ? En le criant haut et fort ? Non, parce que comme ça tu passes pour une plaintive, quelqu’un qui tente d’attirer l’attention par ses malheurs, quelqu’un qui manque de censure. Mais c’est ce que je suis, je manque de censure. Je ne tente pas d’attirer l’attention par mes malheurs sans m’en rendre compte. Je m’en rends compte. Sauf que je ne le fais pas pour attirer l’attention car ça je m’en fou. Je ne fais que tenter d’affronter le monde, tenter de m’affronter, et survivre. Survivre pour arriver à vivre.

Ce passé je ne tente plus de l’effacer. Je l’ai accepté dans toute sa laideur. Mais je n’accepte pas la fragilité qu’il a créé en moi. Et surtout, je n’accepte pas que malgré mes qualités les plus grandes, je peux devenir pleine de haine et de méchanceté, en claquant des doigts.

Pouf. Je te parle méchant, parce que j’ai peur d’avoir mal. Pouf. Je te manque de respect alors que tu es celui que j’aime le plus au monde. Je te fais ce qu’on m’a fait.

Parce que le bonheur m’est inconnu. Parce que je panique devant le bonheur. Je ne le crois pas. Je me dis qu’il n’est pas pour moi ce bonheur, que ce n’est pas normal. Je ne sais pas comment réagir face à toi, bonheur. Car on ne m’a jamais habitué à ta présence. Alors qu’est-ce que je fais ? Eh bien, je te repousse. Je fais tout pour que ceux qui m’offrent ce bonheur le cœur sur la main en viennent à me détester autant que j’ai détesté mes tyrans. Et pourtant, je ne veux pas qu’ils me détestent, car je les aime tant. Mais je le fais, je suis mesquine, et ils perdent confiance tranquillement. Ils ont peur de moi, et de ma rigidité, de mon exigence.

Mais derrière rigidité se cache fragilité. Derrière exigence se cache vulnérabilité.

Et moi qui croyais que j’étais au dessus de tout. Moi qui croyais qu’en comprenant ce monde de fous, que je le dominais. Que j’étais la meilleure. Et moi qui croyait qu’en comprenant mon passé et son impact sur mes propres gestes, que je pourrai le tasser complètement et voir ces gestes de mes rêves, gestes pleins de bonté et de bonheur, devenir mes gestes. Sans influence du mal et de tout le reste. Non.

Ces gestes sans influences du mal et pleins de bonté existent, oui. Dans ma première personnalité. Dans celle qui fait semblant être heureuse et qui croit en fait être heureuse. Dans celle qui croit ne plus avoir de ses gestes mauvais. Mais dans la deuxième, ils y sont encore ses gestes influencés par le passé. Ce passé, c’est moi. Je suis faite par ce passé. Par tous les désirs de vouloir être celle à laquelle j’aspire, je ne reste que dans la première personnalité d’illusion. Ça n’arrivera jamais. Car nous le savons tous, c’est la deuxième personnalité qui domine, et qui dominera toujours. Car nous sommes faibles, nous sommes dans un monde de fous.

------

Café, amour et haine
Mardi, 17 Février 2010, 03h50 du matin

Y a-t-il vraiment une bonne façon de vivre une rupture avec quelqu’un ? Ou plutôt y a-t’il une bonne façon de briser le cœur d’une autre personne, lui enlever l’espoir qu’il avait nourrit en toi pour lui procurer cet amour unique et sincère ? Comment enlever cela à quelqu’un alors que ta raison même de le faire est pour te permettre à toi de l’obtenir ? Pourquoi ne pas l’avoir eu avec cette personne alors, cette sensation d’extase et d’amour à tout casser.

Parce que l’amour est ainsi. Une quête, ou certains sont des perdants et l’autre, le gagnant.

Aujourd’hui j’ai trouvé extrêmement difficile de voir, à tout hasard, Monsieur Y dans ce café où je vais me détendre quotidiennement. Sa douleur était palpable et je ne veux pas ça. Je ne veux pas qu’un être humain qui a déjà trop souffert dans sa vie se sente ainsi en me voyant. Mais la réalité en est ainsi. Un jeune homme est désabusé de la vie et se sent misérable quand il me voit, à tout hasard, dans ce café où je vais me détendre quotidiennement.

Et pourtant, j’ai déjà été cette personne. J’ai déjà senti tout disparaitre en la présence d’un être exceptionnel, magnifique, qui a empli mon cœur et surtout mes pensées de projections amoureuses parfaites, et pourtant. Malgré les ressemblances, malgré le pétillement réciproque, j’ai été mise de côté, oubliée, disparue, dans le déclic froid d’un malheureux téléphone. J’ai été atterrée, vulnérable, mais je m’en suis remis, je crois. On s’en remet tous par petit bout, sûrement jamais complètement, mais mieux armé pour le prochain, ou plus désabusé, pour certains, pour lui.

Quand j’y repense, c’est évidemment parce qu’il y a mieux ailleurs, oui. C’est pour cette raison que tout ceci en vaut la peine, pour l’espoir de voir ses rêves comblés autrement, pour le courage de croire en mieux, croire en soi. Prendre le risque. Et on fini par y gagner. Quand on y croit.

Mais pourquoi quand je pense à Monsieur Y, j’ai cette âcre impression qu’il n’y a pas mieux ailleurs, pas pour lui non. Ce n'est pas que j'ai un manque d'humilité, non, c'est bien au delà de moi et de ma petite personne. J'ai plutôt que j’ai cette impression de fatalité pour lui. Qu’il ne le trouvera pas son bonheur. Qu’il a déjà commencé à lâcher prise, qu’il lâche prise depuis toujours en fait, et il se détériore, tranquillement, mais sûrement, très sûrement.

Je le refuse, je refuse d'accepter une telle réalité pour quelqu’un qui n’a pas su gagné mon cœur mais qui a gagné mon respect simplement par le geste audacieux de s’ouvrir et de se placer vulnérable face à une inconnue dans ce monde si froid, alors qu’il pensait ne plus croire en l’amour, alors qu’il lâchait déjà sa prise. Je voudrais tant lui dire Stop, cesse de t’apitoyer, cesse de vivre chez tes parents, cesse de nourrir des rêves illusionnés d’artistes dont tu ne gagneras jamais ta vie. Mais vit. Découvre toi, soi honnête avec toi-même, souris, fais toi confiance, cesse de te rabaisser constamment pour manipuler les gens sans vouloir les manipuler, parce que oui, ta simple peur de vivre te fait manipuler les gens qui sont près de toi, par simple conviction que tu vaux tellement rien que tu dois te rabaisser pour que les gens te remontent. Faire pitié, ça attire l’attention oui. Une attention de pitié.

Parce que cher jeune trentenaire dépressif, comprend que les femmes n’aiment pas remonter les hommes. Les vraies femmes, celles qui ne veulent pas profiter de toi, celles qui ressentent le vrai, celles qui veulent l’amour véritable comme ton cœur le désire, elles ne veulent pas te remonter. Elles te veulent monter par tes propres mains. Elles veulent voir celui qui se cache derrière ses idées dépressives que tu nourris mais qui ne sont pas toi. Parce que tu existes, il existe ce personnage que Charlotte pourrait voir en ton Charlot. N’est-ce pas là toute l’ironie de ta vie.

On le sait que tu vaux mieux que tout ça, on sait qui se cache derrière ta façade d’incompris et de malheureux. Mais tu sais quoi ? Toi tu ne le sais plus.

Non, et tu ne le sauras probablement jamais car le cercle vicieux de mal être et de mal de vivre de notre merveilleuse société perfectionniste de façade et d’illusion gagne sur toi. Tu es trop faible, et tu as mal, et tu fais mal aux autres car sans le vouloir, on te fait mal. Et il n’y a rien de pire.

Il n'y a rien de pire car peu importe la merveilleuse parole qui pourrait t'être envoyée pour tenter de te redonner le sourire, elle ne fonctionnera pas cette parole. Par maladresse, par tristesse devant la tristesse, les elles te donnent continuellement une impression de trahison alors qu’en fait c’est le geste le plus honnête de leurs vies. De ma vie.

Un geste de moi à moi qui te restera toujours mal interprété, car tu es habitué au fait que c’est bien plus facile de mentir que de dire la vérité. C’est plus facile de se blesser à soi en s’oubliant que de faire du mal aux autres ouvertement, par la simple honnêteté d’aspirer au bonheur.

Mais je l’ai choisis cette voie d'honnêteté envers moi même, et pourtant, aujourd'hui, dans ce café où je vais me détendre quotidiennement, face à la solitude de tes vides yeux bleus, je ne l'assumais plus complètement.

-----