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mercredi 14 juillet 2010

Cette amitié

L'amour et la haine sont si proches. Une fois qu'elles se côtoient, impossible de les séparer. Elles deviennent comme des sœurs siamoises, comme des sangsues sur les pieds des enfants dans les marécages.

En amitié, cet amour-haine est encore plus vicieux car l'amitié est une relation humaine bien particulière. Elle prend beaucoup de place, mais pas en même temps. Ce qui veut dire que supercheries et hypocrisies sont faciles d'y jouer car l'esquive au bon moment par piètres excuses est possible car rien ne t'oblige de consommer une amitié à tous les jours. Ainsi personne ne peut t'en accuser et tu fuis en toute certitude d'avoir éviter une tempête. En toute certitude que ton comportement destructeur peut continuer sans que personne n'y dise quoi que ce soit car tu as plus d'un tour dans ton sac pour fuir en bonne conscience.

L'amitié est ainsi. Par moment pleine et par d'autre, en distance improvisée.

Et lorsque par milles et une stratégies tes amies arrivent à te faire face, tu fuis encore. Cette fois ci tu fuis de l'intérieur et de l'extérieur tu nous offre une crise.

La crise est ta meilleure arme en amitié. Elle attire la culpabilité, elle fait peur et elle détourne l'attention du sujet principal. Elle te permet de fuir encore. D'éviter de parler, car si tu parlais, tu ne pourrais pas supporter la vérité qui t'entoure. Celle que par pur désir d'appropriation de tout, tu fais mal à tes amies, tu les détruis à petit feu en tentant de leur enlever leurs moments de gloire. Car toi, tu dois tous les avoir les moments de gloire. Ça te permet d'oublier tes démons ou plutôt, de les éviter, de les ensevelir sous des moments inutiles qui occupent tout ton temps. Ça te donne l'impression d'exister. Tu te dis que si tu as l'attention de tous, tu n'es pas si répugnante que ça finalement. Que la reconnaissance s'attrape ainsi, en t'imposant, en prenant toute la place, même celle qui ne te revenait pas.

Mais tout ceci à une conséquence. Ce serait bien la plus grande injustice qu'il n'y en ait pas.

Cette conséquence est que les gens se distancent de toi, malgré eux. Car ils t'aiment tant mais ils n'arrivent pas à te faire confiance. On ne peut faire confiance à la fuite et à la crise. Mais en fait, c'est encore une injustice car non seulement tu souffres, mais ceux qui en souffrent le plus ce sont les autres. Les spectateurs muets à ta destruction.

Car ne nous leurrons pas, tes amies ne sont pas que spectatrices. Elles subissent. As-tu pris conscience du nombre de larmes que tu as pu causer chez ces filles, le nombre de cris d'injustice de te voir tenter de tout prendre alors que tu n'en as rien à faire, mais que toi tu prends tout même si ça ne t'intéresse pas, en sachant par contre très bien que pour elles, c'était peut-être la prunelle de leurs yeux, un échappatoire à cette vie de fous.

Trop tard, tu l'as pris. Tu l'as mal utilisé, jeté, mais usé donc trop tard pour elles. Trop tard. De toutes les façons, tu as pris ce qui leur appartenait et aux bons moments, tu as hurlé et pleuré pour éviter et pouvoir recommencer.

Et tu sais, un jour, tu es allée trop loin. Ce moment était une évidence. Et alors la fuite est devenue plus lourde. Le néant de la blessure trop creux. Le retour n'a pas été le même. Les choses n'étaient plus ce qu'elles étaient, la vie était devenue médiocre toutes ensemble.

Tu as tenté de lui prendre ce à quoi elle tenait le plus mais surtout, tu as tué votre amitié par ta propre faiblesse. C'était évident que ça ne réussirait pas cette fois ci car tu as jeté ton dévolu sur du sérieux, sérieux qui n'aurait en aucun cas succombé à tes bassesses. Mais tu as semé la fatigue. Tu as dégoutée beaucoup d'entre elles, et pour elle, tu as tout détruit.

Et tu as continuée à avoir toute l'attention en étant de plus en plus seule.

Et alors, elles se sont toutes mises d'accord que ça ne pouvait plus continuer ainsi. Elles ont comploté, pour t'aider. Par espoir de réchapper ce je ne sais quoi qui les tenaient ensemble.

Elles ont tenté de surmonter ta fuite, encore et encore, et tu as cédée à un certain moment. Tu as, pour la première fois, été capable de dire de te décrire telle que tu étais. Que la culpabilisation jetée sur les êtres qui te sont les plus chers et aussi le charme, oui le charme sur tout et tous, étaient tes armes au dessus de ta peur de la solitude et ton simple besoin de petite fille de voir dans les yeux des autres que tu es merveilleuse.

Elle a pleuré de joie. Tu t'ouvrais. Tu comprenais. Il y avait un espoir après tout.

Ensuite, tu as tentée de renier votre amitié. Tu as dis qu'elles ne te connaissaient pas. Que c'était elles les égoïstes et les manipulatrices. Oui. Tu as fais vivre ta fuite en rabaissant votre amitié. Une nouvelle arme à toi qu'elles ne te connaissaient pas.

Alors là, elle a baissé les épaules. Elle a continué d'être présente, par habitude, par survie. Elle suis devenue aigre, mal aimante et même un peu méchante. Elle savait qu'à petit feu, la fin approchait. Car elle, elle ne pouvait plus laisser le temps faire oublier tes trahisons. Et les autres étaient toutes autant fatiguées. Sauf qu'elles y croyaient encore. Elles n'avaient pas atteint leur quota de déceptions accumulées.

Peut-être n'ont-elles pas été atteintes autant qu'elle dans toute cette histoire. Mais elle, elle n'a pas oublié cette fois ci. Et alors là sa fin à elle approchait. Car ces filles, elles étaient normales, elles n'avaient pas le droit d'être faibles et mesquines comme toi tu as pu l'être. Elles ne pouvaient pas utiliser la fuite juste un instant pour tenter d'y comprendre quelques chose, pour tenter de se retrouver rien qu'un peu, pour être capable de s'aimer à nouveau.

Alors par sa distance qui à commencé à s'installer, on a commencé à se retourner contre elle. Vous toutes. Et alors une faille de sa part, une lettre disgracieuse, l'a mise dans la tombe.

Ça se connait ça dans la vie. Il est bien plus facile de jeter celle qui parle et qui recherche la confiance, celle qui ne se taira plus devant la fuite, que de jeter celle qui fuit mais qui est si agréable dans les autres moments. La loi non écrite du 0 sur 2. Non seulement elle était acre dans la supercherie, mais elle l’était aussi dans les bons moments. Zéro est mauvaise note, il lui aurait fallu au moins un 1 pour conserver sa place.

Comme toi, il lui aurait fallu jouer la fuite.

Je ne saurai jamais pourquoi les gens prennent la fuite même si elle est plus facile alors que la vérité est si jouissive et épanouissante. Plus par faiblesse que par force c'est ce que je sais.

Ce qu'elle avait remarqué depuis ton geste fatal, c’est que ton attitude générale avait changé. Tu commençais quand même à saisir que ta fuite serait de plus en plus difficile car elles devenaient plus exigeantes, elles  grandissaient comme des femmes tes amies. Elles voulaient de vraies relations. Alors tu ne criais presque plus. Ta nouvelle arme était le silence. Dans les discussions animées, ton silence. Dans les sujets chauds qui les mettaient toutes en crise, tu ne disais rien. Et c’était encore plus fâchant. Tu étais celle qui aurait dû parler, ces sujets t’étaient presque tous destinés car les tabous avaient été créé par toi dans le passé, et pourtant. Le silence est pire que tout. Comme ça tu te lavais les mains, encore une fois. Tu n’étais pas impliquée en rien donc elles ne pouvaient plus rien te reprocher.

Dans sa déchéance il y a aussi eu ton silence. Et ça, elle l’a pris comme un abandon. Car hors de tout doute, tu avais toujours été là pour elle dans les vrais moments, malgré tout. Malgré son mépris de cet unique trait de ta personnalité qui détruisait tout sur ton passage, tu étais sa meilleure amie. Et tu n’as pas tentée de l’empêcher de partir. Elle a toujours cru qu’au fond de toi, toi aussi tu le méprisais ce trait de ta personnalité, et qu’il n’était pas indestructible. Ou du moins, qu’en situation extrême, ce ne serait pas lui qui aurait le dessus.

Par tes silences on pouvait croire que peut-être tu étais en train de t'assagir et de comprendre, mais pour elle, il était trop tard. Elle ne te croyais plus. Et c'est donc elle qui a fini par endosser ton rôle de malcommode. Et tu n’as pas tentée de l'a rattraper. Quand on pense à toutes les fois ou elles ont accepté et endossé du mal provenant de ta personne. Peut-être étais-tu toi même si fatiguée de toi que tu t'es dis que pour un nouveau départ, tu devais changer de vie aussi, et que de l'a laisser partir, de l'a perdre sans rien ne dire, était peut-être bien la façon la plus facile de se réconcilier avec la vie.

Comme un nouveau départ, telle était sa propre quête. Ce serait bien là l'ironie de la vie qui finalement, ne l'a  surprendrait pas tant que ça. Mais elle sais bien que non. Tu as tout simplement fuis, encore une fois.

Ses inquiétudes étaient donc si réelles. Tu es prête à tout pour te protéger dans tes humeurs bipolaires et ce, au dépend des autres. Tu t’es protégée dans tes malheurs jusqu’au bout. Jusqu’à perdre ta meilleure amie sous l'arme du silence.

Ainsi, tu as été blanche comme neige, tu n’as rien fais, elle a crié toute seule, elle a été agressive n’est-ce-pas et méchante, et elle est devenue distante, et elle vous a quitté parce qu'elle est ingrate, parce qu'elle ne pense qu'à elle cette fille, et elle s'est détachée sans raison n’est-ce pas, parce qu'elle est en couple ou je ne sais quoi et donc elle n'a plus besoin de ses meilleures amies, comme une égoïste qui vous aurait utilisé pendant toute sa vie. Juste au cas où elle trouverait mieux.

Là voilà l'explication.

C’est comme les deux autres qui vous ont quitté, pas si loin avant elle. Vous avez nommé des raisons tout aussi minables en prenant la première excuse plausible tombée sous la main. Et voilà. Vous vous êtes dit que vous aviez raison. Il n’y a jamais eu de cause aux départs des gens qui ont fait parti de vos vies. Ils partent sans raison, par égoïsme.

Manipulation de la vérité, même derrière la dispute de convenance. Des vies jouées qui se protègent par l'attaque des conséquences, en ignorant délibérément les causes si crues.

Non. Vous n'êtes pas comme ça, sinon elle ne vous aurait jamais aimé. Et pourtant, devant la carapace, c'est tout ce que le public voit et c'est ainsi qu'elle a vécu son départ. Comme une parmi les autres. Une qui n'aurait pas dû essayer de brasser cette carapace indestructible.

Cette dernière tentative de réconciliation qu'elle a écrit, c'était face à ton mur et à sa critique. Elle voulait  simplement voir si un espoir de vous retrouver serait possible.

Mais tu es restée dans ton arme du silence. Elle sait que tu savais que tu étais celle à qui la lettre s'adressait le plus. C’est bien ce fond de peur qui a résisté contre ton envie de la réconforter. Car c'est tout ce qu'elle avait besoin. Une vraie discussion avec toi, une bonne fois pour toutes. Pour que vous vous dites sans tabou vos faiblesses et vos forces mutuelles pour arriver à bien gérer votre amitié, pour laisser le passé derrière sans le mentir.

C'est ridiculement simple ce qu'il vous fallait.

Vous l'avez peut-être tout simplement jugé d'avoir été disgracieuse qu'une seule fois par accablement, parce que vous étiez usées par le passé autant qu'elle et que vous veniez de la rattraper dans votre quota de lourdeur accumulée et que la coupure pour passer à autre chose est tombée sur cette fille critique. L'arme du silence de la première lui avait enlevé le mauvais rôle et la suivante se plaignant juste un peu a écopé dès le premier coup.

Mais peu importe, son appel au secours est resté sans secours.

Alors elle est partie.

Et vous ne formez toujours qu'un. Un sans elle.

Vous êtes unies, envers et contre toutes, en apparence, comme vous l’avez déjà toutes été, et elle, elle est seule et malgré ses valeurs heurtées, et tout le reste, malgré tout ça, malgré toute la colère, elle s'en ennuie éperdument et elle donnerait tout pour retrouver ces sourires qui l'a connaissent tant et qui auraient dû être le centre de sa vie.

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