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mercredi 9 novembre 2011

Vide blanc

Vide devant page blanche, blanche devant ce futur incertain.

L'amour est une bombe. Certains choisissent l'héroïne, d'autres l'amour.
Certains choisissent le confort, d'autre la volatilité incertaine.
Joues rougies et petites mains moites qui frémissent. Elle est oppressée mais libre, apeurée mais libre.
L'autre, celui plus loin, proche et si loin. Il est opressé mais engagé, apeuré mais engagé.
Qui est à plaindre ?
Petit bonheur ou quête du bonheur absolu ?
Personne à plaindre, personne à envier. Seulement la peur.
Existe t-il ? A t-elle tout imaginer ?
Aime t-elle tout saboter pour pouvoir rêver mieux ?
Finira t-elle dans un gouffre, finira t-elle victime de ses grandes idées romanesques et absolues ?

Rien ne sert à se résigner. Rien ne sert à s'accommoder d'une tiers personne simpliste et fade. Il l'a fait car ils le font tous. Il l'a fait car le temps a fait son œuvre. Maitre de cette idéologie absolu, il s'est résigner à la voie facile, par temps écoulé, pour cesser de s'en faire. 
Elle l'a vu, dans ses yeux, au travers sa peau, dans son cœur. Le malheur de cette vie choisi par défaut. Le regret caché pour elle.

Elle l'a vu qu'il ne fera jamais rien.

Elle les a vu, devant ses yeux, encore, ces dites obsessions pas si lointaines, elle les a vu ressortir, pour s'accrocher, pour s'évader, pour se donner des raisons. Et elle les a vu disparaitre.
Ne plus avoir de raisons palpables auxquelles s'accrocher pour quitter en douceur.
Quitter pour quitter, seule.

La vie lui a dit, c'est fini petite fille, il n'y sera jamais, dans ton petit nuage.
La vie lui a dit, tu sais pourquoi ?
Cette façon, ce n'est pas ça. Cesse d'y regarder, ce n'est pas là. Ça n'y sera jamais car ça aurait dû déjà y être et ça sera plus.
Ce n'est pas maintenant, ce n'est pas ici non plus.
Sois patiente.
Part quand même.
Elle te remercie, vie.

Cet aperçu de cette vie manquée était son dernier vide blanc.

lundi 29 août 2011

Faire une vie

Elle aurait voulu faire sa vie avec toi.

Elle a cru qu'elle y était arrivée, à passer à autre chose, à en faire son deuil, avec le temps qui a passé et les nouvelles expériences, les nouveaux corps qui lui ont inévitablement fait oublié le tien, petit à petit.

Des détails de toi sont partis de ses souvenirs sans qu'elle le veuille vraiment, parce que c'est comme ça la vie. On s'adapte à tout même si on aurait cru que jamais se serait possible. Et on oublie ces petits détails qui faisaient de toi une personne spéciale. Pour ne pas se sentir coupable d'oublier, on se raccroche à se rappeler les bons plus que les mauvais souvenirs et on se réinvente ce passé à notre façon. On le bâtit tout aussi majestueux que l'on croyait le vivre dans l'ancien moment présent. 

Mais maintenant, pourquoi maintenant tout la rattrape ?

Elle le voit bien, comment elle est aujourd'hui, dans son cœur et dans ses pensées. Elle est morne. Elle est tel que tous les romans et films le prédisent mais dont elle ne voulait croire ni écouter. La naïveté de la jeunesse s'effrite et fait place à l'adulte rationnel et en cas d'accumulation de mauvaises expériences, elle fait place à l'adulte blasé. Elle voulait tant croire elle et ses idées romanesques, qu'elle serait toujours emballée par l'amour, qu'elle s'épanouirait avec la vie et l'âge.

Mais l'amour, elle ne le comprend plus. Comment être en symbiose avec toi amour, alors qu'elle n'arrive plus à te saisir, alors qu'elle n'arrive plus à te croire ?

Elle pourrait nommer le moment exact où sa naïveté est partie, où elle s'est dit, non, ceci est la peine de trop.  Mon cœur ne sera plus jamais le même. Ce n'étais même pas toi, car pendant toi, elle avait encore son espoir face à l'amour, elle était jeune d'expérience et d'âge. Encore jeune en âge, mais moins en expérience, un des corps après le tien l'a chamboulé, trop rapidement, car elle croyait encore, et badibadang, cette déception injustifiée était celle de trop. Froide, dure et trop adulte pour elle.

Depuis elle erre et les autres souffrent plus qu'elle maintenant, elle n'est plus celle qui traine derrière l'autre.

Quand sa vie va mal, elle pense à toi. Tu es sa bouée. 

Quelle ironie car sa vie était bien mal en point quand tu étais dedans. Ce passé il ne l'était pas majestueux c'est son imagination qui s'emballe. Ces souvenirs sont bafoués par ses anciens désirs, ses anciennes blessures confondent la réalité de ses souvenirs. Mais ce qui est intouchable, c'est qu'elle avait encore sa naïveté à laquelle s'accrocher quand tu étais dans sa vie oui. Elle avait son cœur d'adolescente emballée, dépassée et émerveillée qui existait dans toute sa beauté.

Quelle ironie car maintenant elle comprends tout. Les rôles sont inversés et elle comprend ta place. Elle est le bourreau et il est la victime. Elle a le gros bout du bâton pour une fois. Mais elle le déteste ce bout de bâton, car jamais il n'est agréable. Et malgré sa laideur, elle aurait voulu que tu l'as vois enfin le posséder ce bout de bâton. Elle aurait voulu que tu vois ce dont elle est capable quand elle se sens en contrôle. Mais elle sait qu'un couple ne devrait pas avoir accès à un gros bout de bâton, mais ce n'est jamais ainsi

Sur cette planète, existe-il une relation de bouts de bâtons égaux pour éviter toute cette folie et nom de Dieu, peut-elle y avoir accès, elle et sa personnalité de maniaque ?

Tu es sa bouée car tu n'existes pas.

Elle t'a modelé en cet homme idéal qui n'a jamais été et ne sera jamais. Car elle t'aimait tant. Toi et des parcelles d'autres corps auraient formés un magnifique tout.

Peut-elle l'atteindre ce haut bonheur qu'elle désire sans cette jeunesse naïve, sans cette bouée imaginaire qui plane une ombre sur sa vie ?

Peut-être qu'elle t'a déjà rencontrer monsieur le Tout mais qu'elle se le cache, ou peut-être qu'elle essaie de te faire naître dans un corps où tu n'y es pas. Peut-être qu'elle sais que tu existes dans un corps encore inconnu mais que cette nouvelle passivité fait qu'elle ne part pas à ta recherche. Ou peut-être n'es tu pas si inconnu mais plutôt trop loin pour qu'elle ose. Sa façon de ne pas écouter l'évidence est plus forte car elle est plus confortable, moins dérangeante. Et pour être moins dérangée elle te désire sans vain dans ce corps mis de côté volontairement même si tu n'y es pas, n'y sera jamais ou même si tu y es peut-être. Car il est fort possible qu'elle est en train de passer à côté de toi en t'ayant déjà, mais elle ne cherche pas à le savoir. Elle se le refuse car elle préfère continuer de rêver à sa bouée avec douleur et souffrance dans cette grande solitude à deux, car la seconde où la bouée est revenue dans ses pensées, elle est entrée elle même dans une voie de non-retour au bonheur de ce couple naissant.

Et le temps passe et rien n'arrive.

Elle aurait tant voulu faire sa vie avec ton toi imaginé et protéger cette naïveté qu'elle a jadis eu, la protéger de la dureté de la vie d'adulte qu'elle découvre au fil des années maintenant, avec tant de regret et d'impuissance insoupçonnés, la mort dans les tripes et les rêves envolés.

lundi 23 mai 2011

RVIVR

Avec cette première édition du Pouzza Fest à Montréal, Hugo Mudi des Saintes-Catherines a de quoi être fier. Trois jours, quatre salles, plus de cent groupes de musique punk et un public présent, plein d'énergie, en grand nombre et infatiguable.

La scène marginale n'est plus si marginale quand tu la consommes. Les gens qui sont intéressés et engagés l'encouragent en grand nombre et sont prêt à se déplacer et à payer pour la survi de ceux qui rejettent les cadres populaires. Pour se retrouver entre nous. Montréal avant d'être un chantier de construction en permanence et un lieu culte de magouille bureaucratique, elle est fondamentalement culturelle, créative et les gens la vivent, l'aiment et la redécouvrent sans cesse. Je suis heureuse d'avoir renoué pendant quelques heures avec l'énergie positive, la légèreté et la grande ouverture d'esprit que ma ville peut posséder, lors de ces concerts punk, dans une ambiance flamboyante et enivrée de plaisir.

Mon summum, RVIVR. Certe contente d'avoir été présente à plusieurs performances, RVIVR était quand même mon intérêt premier et a été mon moment le plus fort du festival et je dirais même le spectacle qui m'a fait le plus plaisir depuis Blonde Redhead en 2007.

Je ne possède pas les connaissances musicales d'une musicienne ni les termes d'une critique de musique mais je sais saisir quand un groupe de musique est exceptionnel et différent de tout ce qui se fait dans sa *branche* musicale et RVIVR, c'est exceptionnel. Érica et ses airs de petite fille joyeuse et son plaisir évident à partager sa musique est contagieux. Leurs voix sont rauques et mélodiques à souhait et s'harmonisent à la perfection. Les airs accrocheurs et la justesse de leurs instruments forment un tout incroyable. Une voix féminine dans un band punk est un plus à mon appréciation et cette Érica, je ne pourrais nommer quelqu'un qui lui arrive à le cheville. Ils sont parfaits en écouteurs et indescriptibles en performance. Je suis sans mot et complètement charmée, cette soirée fut au delà de mes espérances. Vivement leur retour prochain à Montréal et cris de joie de savoir qu'il y aura une deuxième année à cette merveilleuse initiative qu'est le Pouzza Fest.

Voici deux petits vidéos de ces perles provenues des fins fonds de l'État de Washington parce qu'ils sont adorables et qu'ils savent *punker* comme nul autres ne savent le faire.




jeudi 5 mai 2011

Parce que c'est Eve Gravel

Croquis maladroits, rêves de poupée sucrée et d'élégance, à l'adolescence j'ai passé d'incalculables heures à rêver d'être un jour styliste et créatrice pour les jeunes femmes classiques et distinguées. Après une courte tranche de vie dans ce réputé Collège privé, je me suis avouée vaincue, j'ai deux mains gauches qui ne sauront jamais coudre et un coeur trop sensible pour cette compétition féroce qu'est le milieu de la mode.

À regret, j'ai délaissé ce monde qui m'a tant fait rêvé et ce, du tout au tout. Pendant de nombreuses années je n'ai guère ouvert l'oeil sur les tendances et me suit créée mon style bien à moi, sans chichi. 

Avec la maturité que mes 25 ans me le permettent, cette époque adolescente est bien loin derrière moi et je renoue avec fracas avec la mode québécoise.

L'élégance et la féminité me sont primordiales parce que cette vie est bien assez déprimante et contrôlée pour ne pas profiter des talents de nos créateurs québécois et orner notre personne comme bon nous semble, par plaisir, par créativité et par intérêt pour le beau. Ceux qui critiquent les fashionistas comme étant superficielles ont bien tord. Loin de moi l'idée de généraliser, il y aura toujours des personnes insipides dans la vie, et ce, dans tous les domaines. Mais les vêtements, c'est d'abord une façon de s'exprimer. Que celui qui dit que tel ou tel vêtement ne se porte qu'à telle occasion aille se cacher. D'ailleurs, les vêtements dit populaires et normaux sont bien vulgaires et loin d'être gracieux et de mettre les corps en valeur alors que la mode québécoise en est tout autrement.

Mon amour pour les vieilles époques me fait apprécier ces vêtements qui rappellent le romantisme et la sensualité tout en étant contemporain. J'ai ce désir de me distinguer de la culture populaire et de me mettre en valeur tout simplement parce que c'est agréable et que je ne vois aucune raison de ne pas me permettre d'être différente face à mon propre corps et à ma propre allure.

Je sens le besoin de défendre la mode québécoise car j'en ai marre des préjugés. Il existe selon moi une réelle corrélation entre l'intelligence et la capacité de rejeter ce qui est vulgaire et facile et ce que nous offre présentement les médias et la culture populaire concernant la sexualité, la musique, les vêtements, c'est bien souvent vulgaire et facile. Il est vrai que l'industrie de la mode comporte beaucoup de lacunes, en commencant par l'hypersexualisation qui est au coeur de mes causes sociales. Sans entrer dans ce débat pour le moment, je crois sincèrement que nombreux sont les créateurs de mode qui ne souhaitent pas entrer dans ce moule et qui mettent en valeur la femme sans fausse impression. Vivement un retour de la beauté classique et l'intérêt à la galanterie et à prendre soin de soi-même et à respecter son corps et sa sexualité.

Ceci étant dit, jeudi dernier j'ai eu le privilège d'assister au dévoilement de la collection printemps/hiver 2011-2012 de cette sensationnelle Eve Gravel dans un 5 à 7 des plus charmants au Studio Le Zèbre Blanc. Tout de noir et blanc, la décoration, les bouchées, les desserts, les vêtements un peu partout, les modèles présentes, la musique, tout y était pour faire passer un moment sensationnel aux fidèles de cette ligne de vêtements.

Eve Gravel, sa vision est exceptionnelle. C'est ma designer préférée, j'attends ses collections avec impatience et elles sont toujours plus jolies sur plus jolies. Tout ce qu'elle fait me chavire. Je ne peux me lasser de sa créativité car elle respecte le corps de la femme, le met en valeur avec discrétion et a cette touche différente et vintage tout à fait merveilleuse. À chaque collection je suis continuellement émerveillée et impressionnée. Il y aura toujours "la" pièce de vêtement qui sautera dans ma penderie et qui sera faite exactement pour moi et ma personnalité et dont je ne me lassera pas et qui sera un bien bon investissement. Cette future collection noire et blanche est renversante et me fait un rappel de Coco Chanel et de son rapport avant-gardiste face à la déconstruction des modèles féminins et masculins.

Prendre soin de son apparence c'est avant tout être capable de s'apprécier et d'être bien dans son corps. Avoir l'intérêt de pousser plus loin son propre style en se laissant guider par la créativé des designers québécois à qui l'on s'associe dans notre vision de la beauté, c'est encourager le talent de nos semblables et le développement des entreprises de notre province. C'est avoir une conscience sociale et ne pas se contenter des petits prix des grandes chaînes sans savoir d'où proviennent les matériaux et dans quelles conditions ils ont été créés.

Voici le petit vidéo promotionnel qui nous a été présenté lors de ce 5 à 7, une Eve Gravel pétillante et adorable !

                              

vendredi 11 mars 2011

Ma Nelly

Nelly Arcan, très rares sont les journées où je ne pense pas à toi, d'une quelconque façon.

C'est étrange, cette relation que je nous fais vivre dans mes pensées. Je me suis toujours sentie proche de toi, sans te connaître réellement. On peut dire que c'est ce qu'on appelle une bonne auteur, celle qui réussie à émouvoir son public à ce point. Pourtant, l'évocation de ton nom, Nelly Arcan, me fait vivre des émotions difficiles, émotions qui sont au delà de l'admiration d'une auteure.

Je me sens connectée à toi, par la compréhension que je me fais de tes textes, de ton mal de vivre. Je me les associe, ils me réconfortent d'une certaine façon. Pas ton malheur, mais la vérité de ton malheur. Cette force que tu as, de voir la déchéance de l'Homme et la Femme tels qu'ils sont dans leur animosité. Cette force qui a aussi été ta plus grande faiblesse.

Ta vérité m'a saisi, me saisi encore et toujours et je te remercie pour cette franchise que tu as eu face à la vie. Ton absence est un drame épouvantable pour notre littérature, pour notre société, pour notre humanité. Mais je la comprend ton absence, ces pensées noires lorsqu'elles sont présentes, elles sont présentes. Elles se cachent, se maitrisent, j'imagine, mais ne partent jamais, je le sais. Cette étincelle de volonté de vivre, tu me l'as donne par la douleur de ton départ et la cruauté véridique de tes écrits.

Il est plus bien facile de vivre heureux dans l'ignorance qu'heureux dans la connaissance et la compréhension du monde. Mais la parcelle de bonheur vécue dans la compréhension n'égale en rien à cet autre bonheur dit commun, populaire.

Ce besoin criant de vérité dure, de monde manipulé par l'Homme, vers le sexe de l'Homme, d'éternel enfant déchiré, tu l'as transmis par putain, et peu le savent, mais tu as également collaborée avec Manon Oligny sur cette danse contemporaine traitant de l'identité féminine, L'Écurie.

À l'époque, je ne te connaissais pas de la même façon qu'aujourd'hui, je ne me connaissais pas de la même façon et, malheureusement, je n'ai pu te voir laisser aller ta griffe spontanément sous l'inspiration de ces corps, de ces trois femmes enfermées, se démenant comme elles le peuvent. Lorsque j'ai lu dans la Presse il y a quelques semaine le témoignage émouvant de cette Manon qui fait de la danse, qui a hésité avant de faire cette suite, car cette suite est sans toi, j'ai su que je ne pouvais passer à côté de cette occasion de te rendre silencieusement un dernier hommage du fond de mon siège d'inconnue face à ces danseuses avec qui jadis tu as travaillée et ainsi avoir l'impression de me rapprochée de ton œuvre, la sentir devant moi. Cette énergie qu'on te connait si bien face à la femme a été dangereusement bien livrée dans cet Icônes, À VENDRE.

La danse contemporaine à cette façon si crue de démontrer les choses, le corps dans toute sa nudité. Les gestes dans leur vulgarité qui deviennent la vérité. Il s'agit toujours d'une expérience difficile pour moi. C'est si cru. Je vis ces spectacles de la même façon que je lis. En toute sincérité devant mes yeux et l'imagination qui prend réellement forme, là sur scène, J'ai pu te saisir sous un angle différent.

Ce spectacle m'a chaviré, je voyais ton œuvre, ta pensée, dans les moindre soupirs. Dans le silence de la danse, j'ai suivi l'échelle d'émotions de ces trois femmes, pour bien sentir cette note finale d'espoir, note d'espoir qui malgré tout, était dotée d'un manque, d'une tristesse profonde, car elle n'étais pas enrobée par ta magnifique écriture spontanée cette fois-ci.
Est-ce que tu te serais sentie concerner par cette lueur positive sur la possibilité de la femme à s'en sortir, malgré tout ?