26 Décembre 2011
Le goût du suicide.
La mort dans les pensées, pas le geste mais le concept de la mort, le fataliste, l’envie de ne plus être, l’envie d’abandonner, de ne plus avoir à souffrir, de ne plus avoir à faire face à ces élans de vérité qui font si mal, ne plus avoir à faire semblant en sachant que tu fais semblant, le désir de ne plus exister sans pour autant souhaiter se faire mal physiquement, le sentiment agressif d’impuissance.
Les larmes.
Les désirs refoulés.
Le mal de vivre.
Le sentiment de défaite, pas de malédiction mais de résignation, d’accepter plutôt que de lutter car l’énergie pour lutter n’existe plus.
Pour la première fois de sa vie elle n'est plus certaine de ses pensées, ses convictions, ses arguments. Elle doute. Peut-être qu'elle a toujours eu tout faux, qu'elle s'est leurrée concernant le fondement de cette vie humaine. Qu'elle est complètement à côté, qu’au fond, elle ne sais pas c’est quoi l’amour véritable, qu'elle est noire, qu'elle analyse mal, qu'elle s’imagine des choses, qu'elle accorde de l’importance à des futilités, qu'elle juxtapose des désirs sur ce qui se déroule réellement, qu'elle sombre dans la folie.
Que la folie est en elle par cette chère blanche maigre de cinq pieds.
Isabelle/Nelly nous jette à terre « Ça n’a pas toujours été comme ça. Je n’ai pas toujours pensé comme ça. Vouloir mourir, ce n’est pas naturel tout de suite, ce n’est pas donné tout de suite à la naissance. Vouloir mourir dépend de la vie qu’on a menée. C’est une chose qui se développe et qui arrive quand on est mangé par son propre reflet dans le miroir. Se suicider, c’est refuser de se cannibaliser davantage. »
Elle se rend compte que les gens ne sont pas naturels et sincères non par mauvaise foi ou par superficialité mais parce qu’ils ne savent pas comment. Ils sont conditionnés à faire taire la sincérité et jouer les règles dites traditionnelles de la bonne conduite et de la politesse qui tasse de la main les véritables pensées et émotions au point qu’elles ne sont plus.
L’alcool et sa disparition d’inhibition lui donne cette idée saugrenue, cette idée démoniaque de faire comme ci le geste suivra cette fois ci. Et d’écrire, d’écrire comme ci c’était la dernière fois. Dire ce qu'elle a réellement au fond d'elle, sans arrières pensés, sans filtre, sans appréhender les répercussions à tous ceux donc il s'avère nécessaire, en se disant que ces écrits seront les plus vrais et les plus sincères qu'elle n'aura jamais jeté sur papier, qu'ils seront juste vrais, juste là, accessibles et purs.
Wow! C'est si sincère et beau.
RépondreSupprimer